Le Japon en novembre : le pic du koyo et le mois le plus tendu
6 septembre 2026•12 min de lecture
Novembre concentre le pic du feuillage sur les grandes villes touristiques, avec la météo la plus stable des trois mois d'automne. C'est aussi le mois où réserver devient difficile. Ce qu'il faut anticiper.
Pourquoi novembre est le mois le plus demandé de l'automne
Novembre est l'aboutissement de la saison. C'est le moment où la vague du feuillage rouge, partie des montagnes de Hokkaido en septembre, atteint enfin les villes où se concentrent les voyageurs : Kyoto, Tokyo, Nikko, Kanazawa, Nara. Tout ce que les mois précédents laissaient espérer se produit en novembre, et tout le monde le sait, ce qui en fait aussi le mois le plus difficile à réserver de l'automne.
Cette page traite ce qui est propre à novembre. Le détail du feuillage région par région, les dates normales et les prévisions officielles japonaises vivent dans une page dédiée : notre calendrier du koyo. Nous ne le recopions pas ici. Pour le cadre annuel, voyez notre guide de la météo et des saisons.
La météo de novembre : le vrai mois « idéal » de l'automne
Beaucoup de guides attribuent cette étiquette à octobre. Les normales climatiques 1991-2020 du JMA racontent une autre histoire. Comparons les trois mois d'automne à Tokyo :
Mois
Max. moyenne
Précipitations
Ensoleillement
Septembre
27,5 °C
224,9 mm
126,7 h
Octobre
22,0 °C
234,8 mm
129,4 h
Novembre
16,7 °C
96,3 mm
149,8 h
Source : fiche station de Tokyo, normales 1991-2020 du JMA. Novembre reçoit moins de la moitié de la pluie d'octobre et bénéficie de vingt heures de soleil supplémentaires. C'est le mois le plus sec et le plus lumineux des trois, ce qui explique en partie pourquoi les photos d'automne japonais sont si souvent prises sur fond de ciel bleu.
La contrepartie est la fraîcheur. Voici les normales de novembre pour les grandes villes :
Retenez l'amplitude plutôt que la moyenne : à Kyoto, 17,3 °C de maximale et 8,4 °C de minimale, c'est neuf degrés d'écart dans la même journée. Un temple à l'ouverture, à 8h, se visite en veste ; le même temple à 14h se visite en tee-shirt. Habillez-vous par couches, c'est la règle du mois.
Le koyo atteint son pic : et le froid en est le déclencheur
La coloration des érables est déclenchée par la baisse des températures, en particulier des minimales nocturnes. Novembre est précisément le mois où ce basculement s'opère dans les plaines du Honshu. Un indicateur du JMA le montre bien : à Kyoto, la date normale de la première gelée blanche est le 24 novembre, et celle de la première neige le 11 décembre (JMA, dates normales de gel et de neige, Kyoto). Le pic du feuillage kyotoïte se situe juste avant ce seuil.
Nous ne reproduisons pas ici les dates normales ville par ville : elles figurent, avec les organismes de prévision à consulter et le vocabulaire japonais à comprendre, dans notre calendrier du koyo région par région. Deux points de méthode y sont détaillés et méritent d'être rappelés en une ligne chacun : le pic sur un site donné ne dure qu'une à deux semaines, et les prévisions de l'année ne sortent qu'à partir de début septembre.
C'est le grand écart du mois. Pendant que Kyoto s'embrase, Hokkaido a changé de saison. Les normales 1991-2020 donnent à Sapporo une maximale moyenne de 8,7 °C et une minimale de 1,6 °C en novembre, avec une hauteur de neige tombée de 30 cm sur le mois : contre 1 cm en octobre et 113 cm en décembre (fiche station de Sapporo, JMA). La date normale de la première neige à Sapporo est le 28 octobre (JMA).
Cela a deux conséquences pratiques. D'abord, un itinéraire Hokkaido + Kyoto en novembre demande deux garde-robes, pas une. Ensuite, les routes et téléphériques de montagne du nord et des Alpes japonaises ferment progressivement au cours du mois : vérifiez les dates de fermeture sur les sites des exploitants avant de bâtir un détour, elles sont annoncées chaque année et varient selon l'enneigement.
Les typhons : le sujet est clos
Les normales 1991-2020 du JMA donnent pour novembre 2,2 formations de typhons dans le bassin, mais seulement 0,5 approche du Japon, et la colonne des atterrissages n'est pas renseignée pour ce mois, contre 1,0 atterrissage en septembre (JMA, normales des typhons 1991-2020). Pour Okinawa, la normale d'approche tombe à 0,3 en novembre contre 1,9 en septembre.
Autrement dit, la contrainte majeure de septembre a disparu. Si le risque météo est ce qui vous retient, comparez avec notre page sur le Japon en octobre, qui reste partiellement exposé sur sa première quinzaine.
Le calendrier de novembre 2026 : deux jours fériés, dont un très mal placé pour vous
Kinro kansha no hi, journée de la gratitude au travail
Le 3 novembre tombant un mardi, il ne crée pas de long week-end, bonne nouvelle. Le 23 novembre, en revanche, tombe un lundi : il forme un week-end de trois jours du samedi 21 au lundi 23 novembre 2026. Et ces trois jours se situent en plein dans la fenêtre habituelle du pic du feuillage à Kyoto et à Tokyo. C'est, sur le papier, le pire créneau de l'année pour visiter un temple célèbre de Kyoto un après-midi.
Nous n'avons pas de statistique officielle de fréquentation à citer pour ces dates précises et nous n'en inventerons pas. Le raisonnement de calendrier suffit : jour férié national + samedi et dimanche + saison la plus populaire = tension maximale sur les trains à réservation, les hébergements et les sites. Si vos dates sont flexibles, décalez-vous d'une semaine. Si elles ne le sont pas, visitez les grands sites à l'ouverture et gardez les après-midi pour les quartiers et les musées.
Tori-no-ichi : la fête des râteaux porte-bonheur
C'est un rendez-vous typiquement novembrin, peu connu des visiteurs francophones. Le Tori-no-ichi (酉の市) se tient les « jours du coq » du calendrier traditionnel, qui reviennent tous les douze jours, donc à des dates différentes chaque année. On y achète des kumade, des râteaux décorés censés « ratisser » la chance de l'année à venir.
Pour 2026, le site officiel du Tori-no-ichi d'Asakusa annonce deux éditions : le samedi 7 novembre (ichi no tori) et le jeudi 19 novembre (ni no tori), au temple Chokoku-ji, le « temple du coq » d'Asakusa, dans l'arrondissement de Taito (site officiel du Tori-no-ichi d'Asakusa). Le sanctuaire voisin Otori-jinja publie de son côté son propre calendrier annuel (Otori-jinja).
Nous ne publions ni tarif de kumade ni horaire précis : les prix se négocient de gré à gré avec les marchands et les horaires sont confirmés par les organisateurs à l'approche de la date. Vérifiez sur les pages officielles ci-dessus.
Le 15 novembre : Shichi-go-san
Le Shichi-go-san (七五三) est la visite au sanctuaire des enfants de trois, cinq et sept ans, en tenue traditionnelle. La date de référence est le 15 novembre, en 2026, un dimanche. Le sanctuaire Meiji-jingu de Tokyo précise cependant que plusieurs explications historiques circulent sur le choix de cette date, et qu'aujourd'hui les familles ne s'y tiennent plus strictement : elles viennent les jours qui les arrangent autour du 15, notamment les jours fériés (Meiji-jingu, questions fréquentes).
Pour un visiteur, c'est l'une des plus belles scènes de rue de l'année japonaise, et elle ne se prépare pas : il suffit d'être devant un grand sanctuaire un week-end de novembre. Une seule règle de savoir-vivre : ces familles sont là pour une cérémonie privée, pas pour un shooting photo. Demandez avant de photographier un enfant.
La vraie difficulté de novembre : trouver un lit
Le problème du mois n'est pas le billet d'avion, c'est l'hébergement. Kyoto au pic du feuillage se réserve comme Kyoto au pic des cerisiers. Plus votre fenêtre est courte et vos dates figées, plus il faut s'y prendre tôt.
Trois arbitrages qui fonctionnent :
Dormir à Osaka ou à Otsu, visiter Kyoto. Trente à quarante minutes de train, et un marché hôtelier beaucoup moins tendu.
Viser la première quinzaine plutôt que la seconde à Tokyo, l'inverse à Kyoto. Le feuillage descend du nord-est vers le sud-ouest : les deux villes ne culminent pas le même jour.
Réserver l'hébergement d'abord, le programme ensuite. À cette période, la disponibilité des chambres contraint l'itinéraire plus que l'inverse.
Ce que novembre ne permet pas
Le ski. Malgré les 30 cm de neige normale à Sapporo, la saison des stations n'est pas installée en novembre. C'est un mois de bascule, pas un mois d'hiver skiable.
Les longues soirées. Le jour tombe tôt : les illuminations nocturnes de temples à Kyoto compensent, mais votre journée de visite utile est plus courte qu'en septembre. Prévoyez un programme du matin plus dense.
L'improvisation. C'est le seul mois de l'automne où arriver sans réservation ferme est réellement risqué.
À retenir
Novembre est le mois le plus sec et le plus ensoleillé de l'automne à Tokyo : 96,3 mm et 149,8 h de soleil, contre 234,8 mm et 129,4 h en octobre.
Le pic du feuillage atteint Kyoto, Tokyo et Nikko ; le détail des dates est dans notre calendrier du koyo, pas ici.
Amplitude thermique forte : environ neuf degrés d'écart entre le matin et l'après-midi à Kyoto. Habillez-vous par couches.
Hokkaido est déjà en hiver : 30 cm de neige en moyenne à Sapporo sur le mois.
Les typhons ne sont plus un sujet : 0,5 approche en moyenne, aucune normale d'atterrissage renseignée.
Le week-end du 21 au 23 novembre 2026 cumule trois jours chômés et le pic du koyo : la période la plus tendue du mois.
Données relevées le 25 août 2026 auprès des sources officielles citées. Les normales du JMA portent sur la période 1991-2020 et décrivent un climat moyen, pas la météo d'une année donnée. Les dates de festivals sont celles publiées par les organisateurs au moment de la rédaction.
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