Le koyo n'est pas une date, c'est une vague
Le koyo (紅葉), le feuillage rouge de l'automne japonais, descend l'archipel du nord au sud, et des sommets vers les vallées. Il démarre dans les montagnes de Hokkaido en septembre et s'achève dans le sud de Kyushu à la mi-décembre. Entre les deux, près de trois mois s'écoulent. Une même région peut être flamboyante à 1 500 mètres et encore entièrement verte au bord de la mer.
C'est ce qui rend la question « quand voir le koyo au Japon ? » à la fois simple et piégeuse. Cette page rassemble ce qui est vérifiable : les dates normales publiées par les organismes officiels, les périodes habituelles région par région, et surtout les prévisions à consulter au moment de réserver. Vous n'y trouverez aucune date inventée pour l'année en cours, parce qu'à la fin août, personne ne la connaît encore, y compris les météorologues japonais.
Trois mots à connaître avant de lire une prévision japonaise
Les sites japonais de suivi du koyo emploient un vocabulaire précis. Le comprendre évite bien des malentendus.
- 色づき始め (irozuki-hajime), « début de coloration ». Les premières feuilles virent. C'est joli, mais ce n'est pas le spectacle qu'on vient chercher.
- 見頃 (migoro), littéralement « le bon moment pour voir ». C'est le pic. Sur un site donné, il dure généralement une à deux semaines seulement.
- 落葉 (rakuyo), la chute des feuilles. Une pluie forte ou un coup de vent peut faire passer un site du pic au dénudé en deux jours.
Quand un site annonce « 見頃 » pour un lieu, c'est le signal de départ. Quand il affiche « 落葉 », il est trop tard.
Le piège des « dates officielles » du koyo
L'Agence météorologique japonaise (JMA) publie chaque année une date dite 紅葉日 (koyobi, « jour du koyo ») pour l'érable, dans le cadre de ses observations phénologiques. Elle est relevée sur un arbre témoin unique, à proximité de la station météo, dans une quarantaine de villes, le tableau officiel en recense 49 (JMA, observations du koyo de l'érable).
Cette date correspond au moment où cet arbre-là, en ville et à basse altitude, est majoritairement coloré. Elle n'a rien à voir avec le pic touristique dans les montagnes ou les jardins de temples des environs, qui survient souvent deux à trois semaines plus tôt. Le cas de Kyoto est parlant : sa date normale de koyobi tombe au 5 décembre, alors que les temples des collines sont fréquentés dès la seconde quinzaine de novembre.
Retenez donc ce tableau comme un repère de comparaison entre villes, et comme une borne tardive, pas comme la date à laquelle réserver votre hôtel.
Les dates normales, ville par ville
Les valeurs ci-dessous sont les dates normales du koyobi de l'érable, telles que publiées par le JNTO dans son suivi du feuillage (Japan National Tourism Organization, Autumn Leaves Forecast) et reprises par la Japan Weather Corporation dans ses prévisions saisonnières (日本気象株式会社, prévisions koyo). Elles sont cohérentes avec les écarts à la normale publiés par le JMA.
| Ville | Région | Date normale du koyobi de l'érable |
|---|---|---|
| Kushiro | Hokkaido est | 16 octobre |
| Sapporo | Hokkaido | 28 octobre |
| Nagano | Chubu / Alpes | 12 novembre |
| Aomori | Tohoku nord | 13 novembre |
| Niigata | Hokuriku | 15 novembre |
| Sendai | Tohoku sud | 21 novembre |
| Hiroshima | Chugoku | 22 novembre |
| Kanazawa | Hokuriku | 24 novembre |
| Tokyo | Kanto | 28 novembre |
| Nagoya | Tokai | 28 novembre |
| Osaka | Kansai | 1er décembre |
| Fukuoka | Kyushu nord | 1er décembre |
| Kochi | Shikoku | 2 décembre |
| Kyoto | Kansai | 5 décembre |
| Kagoshima | Kyushu sud | 15 décembre |
Sept semaines séparent Kushiro de Kagoshima. C'est l'ordre de grandeur à garder en tête quand on construit un itinéraire d'automne.
Région par région, du nord au sud
Hokkaido : septembre en montagne, fin octobre en ville
C'est ici que tout commence. L'exploitant du téléphérique du mont Asahi, dans le parc national de Daisetsuzan, indique sur son site que le feuillage s'y admire de septembre au début octobre, la cabine reliant 1 100 à 1 600 mètres d'altitude en une dizaine de minutes (Daisetsuzan Asahidake Ropeway). Les villes suivent bien plus tard : Kushiro à la mi-octobre, Sapporo fin octobre.
Conséquence pratique : un voyage « koyo à Hokkaido » et un voyage « koyo à Kyoto » ne se font pas au même moment de l'année. Il faut choisir, ou accepter un déplacement de cinq à six semaines entre les deux.
Tohoku : le cœur d'octobre
L'association du parc national de Towada-Hachimantai, qui gère l'information sur le lac Towada et le torrent d'Oirase, situe la belle période du feuillage de la mi-octobre à la fin octobre, la coloration étant préparée par les nuits fraîches à partir de la mi-septembre (十和田湖国立公園協会, les saisons d'Oirase). Plus au sud, Sendai reste sur une date normale de fin novembre, l'écart entre le nord et le sud du Tohoku dépasse le mois.
Alpes japonaises et Chubu : octobre en altitude, novembre en vallée
La date normale de Nagano, le 12 novembre, ne dit rien des hauteurs environnantes, qui virent bien plus tôt. C'est la région où l'écart entre le fond de vallée et les cols est le plus spectaculaire, et où l'on peut « suivre » le koyo en descendant, sur plusieurs semaines.
Kanto et Tokyo : novembre
Tokyo affiche une date normale au 28 novembre. Les montagnes de l'ouest de la préfecture démarrent nettement plus tôt : l'exploitant du funiculaire du mont Takao publie chaque automne un bulletin distinguant le sommet, la ligne du funiculaire et le pied de la montagne, précisément parce que les trois ne colorent pas ensemble (高尾登山電鉄, bulletin koyo). Nous détaillons tout cela dans notre guide des meilleurs spots de feuillage d'automne à Tokyo.
Kansai, Kyoto et Nara : fin novembre
Le Kansai est la région la plus recherchée pour le koyo, et la plus tendue en hébergement. Les dates normales de Kyoto (5 décembre) et Osaka (1er décembre) sont trompeuses pour les raisons expliquées plus haut : les jardins de temples des collines de Kyoto attirent les foules bien avant. Voyez nos pages dédiées : Kyoto en automne pour l'ensemble de la ville, et quels temples choisir si vous hésitez entre plusieurs.
Chugoku et Shikoku : novembre
Hiroshima (22 novembre) et Kochi (2 décembre) encadrent une fenêtre de novembre assez large. Ce sont des régions moins saturées que le Kansai à la même période, un argument réel si vous voyagez sans contrainte d'itinéraire.
Kyushu : de la fin novembre à la mi-décembre
Fukuoka au 1er décembre, Kagoshima au 15 décembre : Kyushu ferme la saison. C'est la seule région où un voyage en décembre reste pertinent pour le feuillage.